Ils sont arrivés ! Pour cette nouvelle édition, Didier Pijolet et 6 autres équipages sont partis sur les traces du raid "Méditerranée-Le Cap" qui eut lieu la première fois en 1950. A bord d'automobiles françaises des années 50-60 ils ont traversé l'Afrique du Cap à Tunis puis ont rejoint Paris, du 2 novembre au 19 décembre 2004. Voici le récit de cette épopée.
Afrique du sud – 1 étape – 2 novembre 2004 – 583 kmsLe Rallye Historique Touristique en Automobile Ancienne de marque française est composé de sept voitures : une Renault Colorale 4x4 de 1954, une Peugeot 404 Commerciale de 1961, trois Peugeot 203, un coupé de 1952, une camionnette de 1950, une Commerciale de 1950, une Citroën traction de 1954 et un véhicule d’assistance Toyota de 1982. Le convoi est arrivé par bateau au Cap en Afrique du sud en provenance du Havre par la société E.C.T. le 25 octobre 2004. Les quatorze participants venant des quatre coins de la France, Toulouse, Nice, Salon de Provence, Dreux, Beaune, Chambord, Chambéry et Aix les Bains, sont arrivés par avion au Cap le 30 octobre 2004. Trois jours furent nécessaires pour les derniers réglages des voitures. En tout, 366 kms ont été effectué autour de la ville du Cap, tout en profitant de la découverte des sites touristiques : le Cap de Bonne Espérance, les vignobles de Stellenbosh, le village des Français Franschhoek. Le grand départ de la transafricaine a eu lieu le 2 novembre 2004 de See Point à Cap Town devant l’hôtel centenaire 4 étoiles, le Winchester. Madame le Maire a donné le départ du rallye accompagnée de Monsieur le Consul de France et du Président du Club Peugeot d’Afrique du Sud. 590 kms ont été effectué pour la première étape en direction de la Namibie sur un goudron excellent. L’arrivée au premier campement fut l’occasion de mettre l’assistance au travail sur une fuite importante de liquide de frein sur la roue arrière droite de la 404 pour cause de mauvais montage lors de la restauration. L’assistance est obligée de supprimer la totalité des freins arrières. L’équipage de la 404 réalisera la transafricaine jusqu’à Paris avec seulement les freins avant.
Namibie – 5 étapes – du 3 au 7novembre 2004 – 2371 kms (dont 830 de piste)En Namibie, 1000 kms de piste ont été effectués pour aller à la rencontre du deuxième plus grand canyon du monde, le Fish River Canyon, un lieu magique avec très peu de touriste. Au sud de ce site, un établissement thermal l’Ai-Ais reçoit essentiellement une clientèle allemande pendant les vacances d’été, la Namibie étant une ancienne colonie allemande. L’eau jaillit de la terre à 36 °C.Nous avons découverts les plus hautes dunes du monde à Sossuslvei dans le désert du Namib qui s’habillent d’un rouge feu lors du coucher de soleil. La température approche les 50 °C. A Windhoek, la capitale, nous avons eu une arrivée triomphale organisée par le centre culturel Franco Namibien et le Club de Voiture Ancienne venu avec leurs véhicules. Une conférence avec projection du film de la première édition du Rallye touristique " le Cap- Paris " en 2000 ont été proposés en notre honneur. Le lendemain matin, l’assistance a refait l’allumeur défaillant de la Colorale avant de traverser la bande de Caprivi entre l’Angola. et le Botswana. Ensuite, nous sommes arrivés à Bagani au pied de l’Okavango pour profiter d’une après midi détente à bord d’un bateau croisière d’où nous avons pu admirer des hippopotames, des éléphants, des crocodiles et des dizaines d’espèces d’oiseaux différents. Nous avons dormis dans nos tentes au bord de l’Okavango au cœur d’un des plus beau site d’Afrique. La nuit fut tourmentée par les bruits d’animaux. Botswana – 1 étape – 8 novembre 2004 – 486 kmsNotre courte traversée du Botswana par le parc de Chobé, restera un des moment le plus fort de notre transafricaine. Nous avons subit un violent orage et avons été encerclés par plusieurs troupeaux de centaine d’éléphants qui ont pour habitude de traverser la route goudronnée du parc. Les essuies glace de nos voitures ont du mal à évacuer la pluie et le système de désembuage du pare brise est pratiquement nul. Ce n’est pas le moment de tomber en panne, on rentre au pas au campement prévu à Kasane.
Zimbabwe – 1 étape – 9 novembre 2004 – 90 kmsLa frontière du Zimbabwe se passe sans soucis puisque nous avons tous déjà nos visas. Nous passons toute l’après midi aux Victoria Falls pour visiter les chutes du Zambeze, découvertes par Livingston en 1855. Deux voitures ont des problèmes mécaniques : la 404 a changé ses deux amortisseurs arrières et la 203 camionnette a changé sa pompe à eau.En fin d’après midi, nous allons prendre un verre au " the Victoria Falls Hotel " qui est aujourd’hui centenaire. La Reine aimait se relaxer ici en pleine Rhodésie, l’établissement a gardé toute son âme. Quelques touristes nostalgiques prennent le train des Chutes Victoria jusqu’à Cap Town. Autrefois, il était possible de traverser toute l’Afrique jusqu’au Caire par Nairobi en train. Bivouac
Zambie – 3 étapes – du 10 au 12 novembre 2004 – 1575 kmsLa Zambie est le pays africain de notre rallye le plus typique, il n’y a aucune infrastructure touristique, les hôtels sont catastrophiques. Heureusement que la route principale est bien carrossée.A 150 kms de la capitale Lusaka, la 404 a la malchance de recevoir une pierre projetée par un camion dans son pare brise. Ce dernier se retrouve sur les genoux de sa coéquipière, le chauffeur, lui, ne bénéficie plus que de quarante cm de pare brise. S’en suit un orage d’une grande violence qui inonde la voiture. L’équipage arrive avec difficulté à l’Alliance Française de Lusaka où le directeur a organisé une conférence avec les élèves de l’école suivi d’un débat. Le lendemain ressemblait surtout à un parcours du combattant pour trouver un pare brise de 404 d’occasion car un neuf chez Peugeot est introuvable. Il a fallu attendre 14 heures et parcourir plus de 100 kms dans la périphérie de Lusaka et visiter de nombreuse casse pour finalement en trouver un fendu de 40 cm juste devant le chauffeur, mais nous n’avons pas le choix, se sera ça ou rien du tout. L’équipe d’assistance le démontera sur place avec beaucoup de précaution. Pendant ce temps, Dominique de la Colorale attend avec impatience de pouvoir récupérer son allumeur envoyé par DHL de France à l’aéroport de Lusaka.. Les soucis de dédouanement seront enfin terminés à 16 h et les mécaniciens le remonteront dans la foulée. A 17 h , nous partons enfin pour rejoindre l’étape du soir à Serenje à minuit, on déplie la tente de toit sur le parking d’un hôtel de routier, on se couche sans manger, nous sommes épuisés. Aujourd’hui, nous avons de nombreux barrage de police et des contrôles sanitaires nous obligeant à descendre de voitures pour nous laver les mains dans une eau relativement trouble. Ensuite nous rencontrons un barrage plus difficile à passer, une femme policier nous demande après plusieurs questions si nous avons des bandes réfléchissantes sur nos voitures. Et non !, nous n’en avons pas et nous nous prenons donc tous une amende de 40 euros. On ne saura jamais si ce n’était pas plutôt une manière de payer un droit de circulation… Notre dernière nuit en Zambie à Nakonde a été tout aussi inconfortable, nous avions entassé nos 7 voitures dans la cours d’un hôtel entre des tas de graviers sans sanitaires ni restaurant.
Tanzanie – 5 étapes – du 13 au 17 novembre 2004 – 2074 kmsDepuis la première transafricaine en 2000, la Tanzanie est en pleine expansion, les routes sont mieux goudronnées et les hôtels offrent de meilleures prestations. Nous restons un jour dans le parc animalier de Mikumi pour faire un safari photo détente. La 404 zèbre rentre en contact avec ses congénères de la brousse qui semblent très étonnés, c’est le meilleur moyen pour les approcher. Notre séance photo souvenir est réussie, seuls les félins ne se soumettent pas à notre contemplation.Nous poursuivons notre route jusqu’à Dar Es Salaam où nous sommes reçus par un expatrié français d’Automobile Peugeot.. Nous profitons d’une agréable fin de journée sur une plage de sable blanc bordant une eau à 32°C. La plus part des équipages profite alors de leur première baignade dans l’Océan Indien tandis que la 203 coupé accuse des problèmes de pompe à eau. En effet le manque de place les a empêchés de se munir de pièces de rechange, je leur donne donc la mienne que j’avais emmené au cas où, en espérant ne pas en avoir besoin. Nous passons au pied du Kilimanjaro qui nous domine du haut de ses 5900 m d’altitude mais reste malheureusement dans les nuages. Les nombreux MassaÏ illuminent la route de leurs tenues rouges jusqu’à la frontière du Kenya.
Kenya – 3 étapes – du 18 au 20 novembre 2004 – 709 kms(dont 484 kms de piste)Nous arrivons à Nairobi au lycée Diderot où la directrice nous a réservé une arrivée très chaleureuse, 300 des français en poste à Nairobi sur les milles compatriotes sont venus nous accueillir et nous encourager pour notre initiative de transafricaine en voitures anciennes de marque française et une façon de rendre hommage à la culture française en Afrique anglophone. Nairobi marque la fin de notre première étape, deux équipages changent comme prévus de coéquipier. Le lendemain est consacré à la révision totale des voitures, vidange moteur, ressouder le pot d’échappement de la traction et de la 404 ( elle changera également ses deux amortisseurs arrières pour la deuxième fois., nettoyer les filtres à air à bain d’huile. La 203 Pijolet change une sangle de support de silencieux défectueux. La Colorale a un jeu énorme dans les croisillons de la transmission si bien que les mécaniciens sont obligés d’usiner et d’adapter une pièce spéciale pour continuer l’aventure, la réparation est plus longue que pour les autres équipages. Ils prendront la route que le lendemain matin très tôt pour nous rattraper. Les cinq autres équipages reprennent la route à 17 h mais une heure plus tard un orage éclate et ralentit notre progression. Nous ne rejoindrons pas l’étape prévue et nous arrêtons à 21 h dans un hôtel moyen à Karatina. Le lendemain à 7 h, nous reprenons la route toujours sous la pluie, nous arriverons tous à Isiolo à midi, là où nous aurions du faire étape la veille. La route goudronnée prend fin pour laisser place à 484 kms de piste de terre et cailloux parsemée d’ornière monumentales gorgées d’eau par les pluies diluviennes. Nous mettrons deux jours et demi pour rejoindre difficilement l’Ethiopie. Il y a 15 jours, la piste était tellement mauvaise que même les 4x4 ne pouvaient passer. Un amortisseur arrière de la coupé 203 cassera net et les ailes avant de la traction seront totalement dessoudées et frottent sur ses roues. Le propriétaire est obligé de les maintenir avec des sangles. Accueil à Nairobi
Ethiopie – 5 étapes – du 21 au 25 novembre 2004 – 1817 kms(dont 460 de piste)La topographie de l’Ethiopie est très montagneuse, nous avons passé un col à 3200 m d’altitude, ce fut le point culminant du rallye. La piste est très caillouteuse sur 460 kms. De ce fait, nous roulons en première à 15 km/h. Le paysage est très vert , de nombreuses rivières alimentent plusieurs lacs de la dimension d’un département français. Addis Abeba, la capitale, culmine à 2400 m et la température tombe à 5°C pendant la nuit. Nous sommes reçus à l’Alliance Franco-Ethiopienne qui nous offre généreusement un somptueux dîner après avoir visionné le film de la première édition du rallye. Monsieur Bernard Ries, importateur d’automobile Peugeot en Ethiopie, nous a également offert toutes les réparations de nos sept véhicules. Le coupé a reçu par DHL deux pompes à eau pour nos 203 car nous n’en avons plus. Il change un amortisseur arrière cassé donné par la 203 Pijolet après l’avoir modifié pour qu’il s’adapte à son modèle. La Traction ressoude ses ailes avant bien fatiguées. La 203 Pijolet décabosse sa plaque de protection moteur et d’embrayage car ce dernier bute dessus à cause des jets de pierres.. Cela devient difficile de changer les vitesses, la 203 camionnette à des soucis de silentbloc support de boite à vitesse: lors de la restauration, , il n’avait pas mis de support neuf et maintenant, les difficultés commencent. La boite de vitesse se fatigue prématurément. Nous n’avons pas le temps de rendre visite à Lucie, notre ancêtre à tous, qui repose dans le musée d’Addis Abeba. Trois équipages dont les révisions sont terminées, quitteront la capitale à 16 h (la Colorale, la 404 et la 203 Pijolet.). Les quatre autres voitures non terminées, nous rejoindrons le lendemain midi, leurs véhicules étant plus rapides. Le plus important étant de ne pas prendre de retard sur le programme. Nous traversons les sources du Nil et arrivons à Debre Markos à minuit sous un violent orage qui rend le dépliage des tentes particulièrement désagréable. L’état des routes s’est amélioré depuis la première édition du rallye, nous pouvons observer le travail des Ethiopiens dans les champs où chaque cm2 est exploité pour la culture, du café, du coton, des fruits et des céréales. Nous bivouaquons tous ensemble à 4 kms de la frontière du Soudan.
Soudan – 5 étapes – du 26 novembre au 1 décembre 2004 – 1585 kms(dont 775 de piste)Plus de peur que de mal, le coupé 203 ne peut plus passer de vitesse, il reste bloqué en seconde à cause d’une pierre plus grosse que les autres, vue trop tardivement, et qui a tordu la tringle du câble de frein à main. Après une heure d’intervention pour détordre celui ci, il reprend la piste.La frontière se passe sans soucis, les difficultés administratives sont moins lourdes, le travel permit qui donne l’autorisation de conduire est délivré sur le passeport. Nous n’avons plus besoin d’attendre 24 h à Gedaref et rejoignons Khartoum, Capitale du Soudan où nous terminons la deuxième grande étape. Comme convenu, deux équipages changent de coéquipier, le secrétaire et le trésorier de l’association " le Cap-Paris2000 " nous rejoignent également et louent un véhicule 4x4 pour prêter main forte à notre seul véhicule d’assistance. En effet, le désert de Nubie c’est 610 kms de sable mou très difficile à franchir pour nos 6 voitures anciennes. A Khartoum, nous sommes reçus au Centre Culturel Français ainsi. Madame l’Ambassadrice de France et Monsieur l’Ambassadeur d’Afrique du Sud sont venus regarder la projection du film et assister à notre conférence. La plus part des français en poste ici sont également venus nous soutenir, c’était une superbe soirée d’échange avec l’amitié franco soudanaise. Le Soudan est en pleine évolution, les routes sont meilleures, le centre de Khartoum est propre, les trottoirs et les hôtels se construisent, le téléphone portable passe très bien. On sent une réelle volonté de développement. Nous quittons la capital à 12 h en laissant le coupé et le véhicule d’assistance chez Peugeot pour refaire le démarreur en panne. Nous passons à côté des pyramides de Meroe, appelés les pharaon noirs. Ce site reste méconnu des touristes. Le désert se traverse péniblement du à de nombreux ensablements qui concernent tous les véhicules sauf la Colorale 4x4 qui s’avère même plus efficace que les 4x4 modernes pour nous tracter. Le coupé 203 ne s’est ensablé qu’une seule fois car son moteur de 403 est très bien préparé avec un carburateur de 504 monté sur une pipe d’admission spéciale et un échappement 4 en1. En vitesse de pointe, il monte à 150 kms/h et développe 80CH/din. La puissance et la légèreté de la voiture permettent de passer le désert en 2x4 sans souci. La 404 reçoit un cailloux dans le radiateur qui se retrouve percé sur 10 cm de diamètre et deux faisceaux sur trois sont endommagés. Pas moins de deux heures de réparation sous un soleil de plomb, la température est de 35°C. Vidange complète du radiateur, on enlève avec un séchoir toute trace d’humidité pour souder à froid les blessures. La réparation de fortune tiendra jusqu’à Paris. De ce fait, ce soir là, nous ne rejoindrons pas l’étape à Abu Hamed car il est impossible de rouler dans le désert de nuit avec nos autos. Nous installons le bivouac au couché du soleil. Le matin, nous réparons deux crevaisons : la Colorale et la 404. Nous arrivons à Abu Hamed à midi au poste de police. Malheureusement un car de touristes d’européens et d’américains se font confisquer leurs appareils photos juste avant notre arrivée. Les policiers font alors l’amalgame et trois de nos équipages se voit confisquer leur appareil à leur tour. C’est seulement après cinq heure de négociation qu’ils le récupéreront sans échange d’argent. Nous roulons seulement 1h30 avant la tombée de la nuit et montons le bivouac à côté du chemin de fer qui nous sert de GPS dans le désert. Maintenant, nous avons une journée de retard pour rallier Wadi Halfa étant donné que le bateau qui traverse le lac Nasser nous attend aujourd’hui. Il ne faut surtout pas s’ensabler ni perdre de temps car il n’y a qu’un seul bateau par semaine, nous risquons de rester bloqués à WadiHalfa. Nous partons tous à 7 h du matin. La 203 Pijolet perd de sa puissance, elle a un trou dans l’accélération. ce n’est pas grave, seulement un gicleur bouché, cinq minutes d’intervention et ça repart ! Quel changement depuis la première édition, elle n’aura connu que cette panne. Quel plaisir d’avoir une voiture qui fonctionne bien. Cinq équipages sont tombés en panne d’essence entre 5 et 20 kms de Wadi Halfa. Heureusement que nous sommes restés prêts du chemin de fer car les véhicules d’assistance ont pu nous trouver et dépanner tout le monde. Dans le désert, on consomme 30 % d’essence supplémentaire. Nous arrivons tous ensemble à Wadi Halfa à 17 h, nous nous ruons sur le port pour retenir le bateau. Ouf ! le bateau avec ses 500 passagers nous attendait depuis deux heures grâce à un ami soudanais qui a eu la gentillesse de parlementer avec la police en leur expliquant que nous formions un rallye de voitures anciennes française. Nous avons juste le temps de valider notre sortie du Soudan auprès des douanes, de prendre un minimum de bagage et de vite monter dans le bateau. Seuls Jean Pierre Pijolet et l’équipe d’assistance restent au port avec les 7 voitures car les formalités sont plus longues pour ces dernières. De plus nous n’avons pas le droit de tous monter sur la barge qui emmène les véhicules car elle est trop petite et inconfortable. Il lui faut trois jours et trois nuits pour traverser le lac et rejoindre Assouan en Egypte. Nous avons vécu comme des clochards sur ce fameux bateau de voyageurs, le restaurant étant très sale et la nourriture servie dans des gamelles en aluminium à peine lavées à l’eau saumâtre, nous n’avons presque rien mangé tant cela nous coupait l’appétit.
Egypte –4 étapes – du 2 au 9 décembre – 1562 kmsNous accostons le lendemain à Assouan à 14h. après deux heures de formalités d’entrée en Egypte, on rejoint avec le plus grand des plaisir notre hôtel Sofitel le " Old Cataract ". nous vivons dans les extrêmes, après cinq jours sans se laver, nous nous prélassons maintenant dans un luxueux cinq étoiles pendant 4 jours. Ce sont nos premiers jours de repos après trente jours d’aventure, de plus, nous n’avons pas le choix, il faut attendre les voitures. Pendant ce temps, j’ai préparé les papiers administratifs pour les véhicules, l’Egypte est le pays le plus compliqué à ce niveau : il faut reimmatriculer les voitures, prendre un droit de circulation ainsi qu’une assurance. Le jour où les voitures ont débarquées, la police a relevé les empruntes des numéros de moteur et de châssis, cela nous a bloqué encore une journée. La patience est une grande qualité en Egypte. Le rallye repart le lendemain matin en convoi militaire comme l’exige la loi pour les touristes ralliant Louxor. Nous visitons le temple de Louxor, de Karnac et de Dandaré et poursuivons notre route toujours accompagné du convoi militaire jusqu’à Hurgada au bord de la mer rouge. Nous arrivons en début d’après midi, le temps d’une plongée sous-marine où la beauté des fonds et la diversité des poissons ne tient pas de la légende. Nous rejoignions le Caire le lendemain au couché du soleil. Nous sommes heureux d’aligner nos voitures près des pyramides. Un cocktail nous est offert et est servi en notre honneur au Sophitel. De nombreuses personnalité de l’Ambassade de France, de l’Alliance Française et d’Automobile Peugeot sont présents. Nous reprenons notre route sans oublier de saluer le Sphinx puis nous prenons la direction de Marsa Matrouh, dernière étape avant la Libye.
Passage de l'équateur
Libye – 3 étapes – du 10 au 12 décembre – 1698 kmsLe passage de la frontière est difficile, on perd 6 heures à cause d’un douanier qui fait du zèle. Nous avions pris un guide pour faciliter ces formalités mais son efficacité ne fut pas prouvée. Je remarque que depuis quatre ans, il n’y a aucun progrès, tout est très compliqué. Il faut de nouveau reimmatriculer les voitures, reprendre une assurance et un droit de circulation, cela prend beaucoup de temps. Nous sommes contraints de laisser les voitures à la douane avec les coéquipiers, et nous, les 7 propriétaires de monter dans le monospace du guide pour faire les fameuses formalités administratives à 4 kms de la douane. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Nous traversons toute la Libye en longeant la Méditerranée, le pays ne nous laissera pas un souvenir fantastique, les villes, les plages et la mer sont jonchées de sacs plastiques, les notions de protection de l’environnement sont bien négligées,. Quelle catastrophe écologique ! ! Le samedi 11 décembre a été notre étape la plus longue : 844 kms. Le Centre Culturel Français de Tripoli nous a également ouvert ses portes pour une conférence avec des élèves libyens. Monsieur l’Ambassadeur de France nous a honoré de sa présence. Le moteur de la 404 est bien fatigué, il consomme et rejette 1 litre d’huile tous les cent kms. Le mécanicien tente une réparation de fortune pour éviter les rejets d’huile au niveau du remplissage du moteur . il fixe une durit en hauteur avec un bouchon afin que l’huile sous pression monte et redescende dans le moteur. La réparation tiendra jusqu’à Paris. Avec le soucis de la 404, les difficultés de la frontière Libye / Tunisie et un coéquipier à déposer à Djerba avant 14h pour prendre un avion qui le ramènera en France pour le travail, nous partons à 4 h du matin de Tripoli. Finalement, la 404 roule bien, la douane se passe en 1h30 et nous sommes à Djerba à 10h10.
Tunisie –2 étapes – du 13 au 15 décembre – 830 kmsUne journée de détente sur l’île de Djerba, quad et piscine sont au programme. Notre dernière étape africaine Djerba / Tunis se déroule sans soucis. Le National Automobile Club de Tunisie nous reçoit à Tunis sur l’avenue Bourguba. Quelques collectionneurs tunisiens nous reçoivent avec leur auto. Notre seul rapatriement sanitaire concerne le coéquipier de la 203 camionnette qui souffre d’un problème urinaire. Il prendra l’avion de Djerba en direction de Paris pour plus de précaution. Nous embarquons le lendemain à 9h sur le Carthage de la compagnie CTN. Notre transafricaine est terminée, nous sommes tous très heureux d’avoir réussi à conduire toutes nos voitures jusque là.
France – 3 étapes – du 16 au 19 décembre 2004 – 1379 kmsLors de notre débarquement le lendemain à 9h à Marseille, la boite à vitesse de la 203 camionnette ne fonctionne plus, il est très difficile d’enclencher une vitesse. L’équipage préfère se faire livrer une nouvelle boite sur place pour assurer l’arrivée à Paris. Sachant que le coéquipier est maintenant guéri, il en descendra une à Marseille.L’après-midi, l’assistance consacrera son temps à sortir la boite de vitesse et le moteur de la 203 pour gagner du temps avant de recevoir la nouvelle pièce le lendemain matin. L’étape Marseille-Aix les Bains se passe sans souci majeur. L’arrivée au Casino d’Aix les Bains est l’occasion de revoir familles et amis. Dîner et nuit au Radisson, le quatre étoiles de la ville. L’étape suivante Beaune et Chambord pour rendre visite aux régions des équipages La dernière étape, pour officialiser et finaliser notre arrivée du rallye à Paris le dimanche 19 décembre à 16h place de la concorde devant l’Automobile Club de France. Monsieur le Président Philippe de Flers, Monsieur Thomasson, Président de la FIVA et Monsieur Claude Delagneau Président de la FFVE nous accueillent comme des héros , journalistes, familles et amis sont nombreux. Tous les équipages sont heureux et fiers d’avoir réussi cet exploit de 17000 kms en 50 jours en traversant 12 pays africains avec 7 voitures au départ, 14 personnes et tout le monde présent le jour de l’arrivée. la réussite vient du fait qu‘il n’y avait pas de compétition mais au contraire de l’entraide entre les équipages.
AU TOTAL ; NOUS AVONS PARCOURU 16759 KMS DONT 2549 KMS DE PISTE.
Les sept équipages sont : - Didier, Jean-Pierre et Nathalie Pijolet ainsi que Sophie Demarchi dans la Peugeot 203 commerciale de 1954 - Dominique Macron et Jacques Cocheteux dans la Renault Prairie Colorale de 1954 - Emmanuel Barbier, Bernard Duc et Ingrid Virvoulet dans la Citroën Traction de 1955 - Jean-Claude et Jacques Bonvallet dans la Peugeot 203 bachée de de 1950 - Jean et Philippe Chambert dans la Peugeot 203 coupé de 1953 - Christian, Emilie et Romain Perrier dans la Peugeot 404 commerciale - Marc Gatheron et Gérard Villien dans le Toyota Land Cruiser d'assistance.
|
|||||
|
|||||